En quelque temps, l’Afrique a renoué avec une vieille méthode d’accession au pouvoir que l’on croyait pourtant appartenir à l’Histoire de ce continent, venu de force à la démocratie. Coup d’État au Mali. Et pendant qu’on peine pour trouver une issue, c’est la Guinée-Bissau qui saisit la balle au rebond.
On discutera encore longtemps cette pensée de l’ancien président français Jacques Chirac qui voyait dans la démocratie un luxe pour l’Afrique quelque temps après que cette forme de gouvernance y fut adoptée. Car le continent peine à lui donner la preuve du contraire pendant qu’il est encore vivant. Certes il existe des progrès indéniables et des exemples de processus démocratique réussis. Mais les choses sont telles qu’on ne devrait pas se satisfaire de ces quelques exemples ou du rythme de caméléon avec lequel nous avançons. Il faut avoir le courage de sortir de la médiocrité satisfaite , d’autant plus qu’en matière de processus démocratique en Afrique, nous avons maintenant la preuve qu’il n’y a jamais de seuil de non retour. Qui aurait cru qu’au stade où s’était hissé le Mali, ce pays retombera à la case départ ?
On discutera donc sur cette assertion de Jacques Chirac aussi longtemps que des épisodes de coups de forces seront servies. Ce qu’il est devenu inutile de discuter, c’est plutôt l’impact de ces imbroglio politiques sur le développement de nos pays, sur les conditions de vie des citoyens. Le lien entre démocratie et développement est devenu un sujet de l’ordre d’une vérité de La Palice, réservé aux dissertations pour collégiens.
Les derniers événements survenus au Mali et en Guinée Bissau sont des véritables réminiscence de ces temps où l’instabilité a plongé le continent africain dans un retard qu’il peine a rattraper. Fait concret rapporté au Conseil de Sécurité par le Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Guinée-Bissau, Joseph Mutaboba : « Le versement des salaires des fonctionnaires a été reporté et la commercialisation de la noix de cajou, essentielle pour l’économie du pays, a été interrompue ». Pendant que toutes les attentions se focalisent sur les solutions à la crise, ce sont les populations qui en souffrent. Au Mali où un coup d’État d’État est intervenu dans une situation de scission du pays, le retour des nombreux Maliens, réfugiés dans les pays voisins dans un Sahel en proie à une crise alimentaire, n’est pas pour demain. Le retour à une vie économique et compétitive aussi. D’autant plus que la recherche de solutions promettent de durer encore.